« Etre journaliste, c’est ne jamais s’ennuyer »

Manon Paulic est journaliste au journal Le 1 Hebdo. Photo : Romain

L’équipe de Newspro and Co est abonnée grâce au CDI à l’excellent hebdomadaire le 1. Le format de ce journal est original, les articles assez courts et percutants sur des sujets d’actualité. Dans le 1 du 23 mars apparait Autun. Une journaliste s’est donc intéressée à notre ville. On s’est demandé pourquoi et quelle a été sa démarche. On l’a contactée et elle a accepté de répondre à nos questions. texte : Quentin, Antoine, Emile, Nicolas. Dessin : Manon.

Newspro and Co : Bonjour, pouvez-vous nous décrire votre parcours de journaliste.

Manon Paulic : J’ai toujours eu envie d’être journaliste car on ne s’ennuie jamais. J’ai d’ailleurs fait mon stage de troisième dans ce secteur. Puis j’ai fait une prépa et une licence d’anglais car à l’époque on ne pouvait être journaliste avant le master. Après, je suis partie aux Etats-Unis, à New York dans le Bronx. Quand je suis revenue en France, j’ai eu mon diplôme à la Sorbonne. En 2013, j’ai intégré l’équipe du 1.

Newspro and Co : Nous avons lu le 1 du mercredi 23 mars titré « Que faire ? » en relation avec l’actualité de la guerre en Ukraine. Dans la page intérieure nous avons lu votre article « Autun, l’esprit d’entraide ». Le mot Autun nous a interpellé car c’est notre ville. Pourquoi avoir choisi Autun alors que de nombreuse villes françaises accueillent des réfugiés ukrainiens ?

Manon Paulic : On avait décidé de faire un journal sur le thème de la mobilisation. Mais on est pressé par le temps avec cette actualité de guerre. J’ai donc fait des recherches sur les villes déjà médiatisée sur l’accueil des réfugiés. Autun m’a intéressée car c’est une ville qui a une culture de l’accueil puisque celle-ci a déjà aidé par le passé des syriens, des irakiens, des bulgares. En outre, j’ai eu un contact sur Autun avec Monique Gatier qui m’a garanti une rencontre. Alors je suis venue à Autun le lundi soir tard, en voiture.

Newspro and Co : Dans votre interview vous faites référence à 8 personnes dont Carole Viennot, Julia, Kateryna. Comment les avez-vous rencontrées ?

Manon Paulic : Mardi matin, j’ai appelé Monique Gatier et elle m’a donné rendez-vous à l’espace Danièle Mitterrand. Là, j’ai observé, j’ai écouté. D’ailleurs la première image à mon arrivée est la photo de Marylin et d’ailleurs mon article commence ainsi. Puis au bout d’un moment je suis allée voir ces femmes et j’ai essayé d’établir une relation de confiance. J’avais mon carnet de notes. Elles se doutaient que je voulais les interroger. Julia avait besoin de parler. D’ailleurs, le métier de journaliste est parfois un peu un métier de psychologue.

Newsproand co : Comment les avez-vous interrogées ?

Manon Paulic : Julia parlait ukrainien et donc on a utilisé un traducteur de smartphone. Ce n’est pas évident. Katherina elle parlait anglais donc cela facilitait l’échange.

Newspro and Co : Comment écrivez-vous vos articles ?

Manon Paulic : Je fais de recherches avant de partir mais pas trop. Je les note sur un carnet. Je viens sur place. Là, je rencontre des gens et je prends des notes. Parallèlement j’enregistre la conversation pour ne pas me tromper quand je retranscris. J’ai besoin d’être dans une bulle quand je fais un reportage pour pouvoir rester dans l’ambiance. En conséquent, le soir à mon hôtel, je retranscris les choses intéressantes. En outre, il y a la deadline, le moment où il faut rendre l’article. En tout, il m’a fallu 1 journée d’écriture pour une journée et demi de terrain..

Newspro and Co : Pourquoi votre article est-il co-signé avec Lou Héliot ?

Manon Paulic : Je co-signe l’article avec Lou car elle s’est chargée de passer les coups de fils depuis Paris à des organismes comme le HCR pour avoir des chiffres, des citations. C’est plus intéressant d’écrire à plusieurs car le papier est plus riche car on a deux regards. Pour cet article en particulier, c’est moi qui ai rédigé.

Newspro and Co : Avez-vous ressenti un but politique dans la démarche de la ville d’Autun d’accueillir des réfigiés?

Manon Paulic : Ce n’était pas ma démarche de savoir ça dans le cas de cet article. Mais je dirais que oui car de toute façon tout est politique. Accueillir des réfugiés sans limite car je ne pense pas qu’à Autun il y ait eu des refus, c’est se positionner sur l’échiquier politique.

Newspro and Co : Aimeriez-vous partir faire un reportage en Ukraine ?

Manon Paulic : Aller sur les terrains de guerre, c’est un métier à part. Il faut y être formée. Je ne le suis pas. Si j’y allais je me ferais sûrement tuer et je ne saurais pas comment trouver les bonnes informations.

Newspro and Co : Avez-vous aimé Autun ?

Manon Paulic : oui mais j’étais déjà venue un été à un festival de journalisme.

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