Jean-François Leroy offre au public un « Visa Pour L’Image ».

Visa pour l’image est un festival international de photojournalisme situé à Perpignan, en France, et crée en 1989. Son fondateur Jean-François Leroy le définie comme le festival de Cannes pour les photo-journalistes. Par Elise Dumas

Visa pour l’image création et histoire

Jean-François Leroy, un ancien photojournaliste français de 65ans a choisi la ville de Perpignan pour installer son festival car, en décembre 1988 suite à un appel d’offre lancé par le maire Paul Alduy qui souhaitait « prolonger la saison estivale ». La photographie n’était pas son domaine de prédilection mais lorsque Jean-François Leroy a prétendu avoir le soutien de Paris Match, l’accord était scellé. Volonté et détermination sont des valeurs encrées dans son caractère et qui lui permettent d’aboutir à de belles réalisations.

Journaliste de métier, Jean-François Leroy est le fondateur du festival Visa pour l’Image. Chaque année il accueille le public scolaire pour expliquer sa démarche et son engagement. Photo MH

La naissance du festival.

Lorsqu’il a lancé de manière concrète son festival à Perpignan, Jean-François Leroy n’exposait alors que « quelque photographes » qu’il connaissait, évoluant alors dans le milieu du photojournalisme en France. La deuxième année, la réalité a rattrapé notre idéaliste qui a compris que sans l’appui de « pointures » internationales, le festival ne décollerait pas ; il a donc pris un billet pour New York et avec son bâton de pèlerin, il a fait le tour des agences de magazines.

L’objectif qu’il a alors en tête et d’inviter des Photojournalistes reconnus ; à force de détermination, Jean-François Leroy a réussi à décider Alfred Eisenstaedt, personnalité qu’il admire professionnellement, et qui n’avait pas exposé depuis une trentaine d’année. Ce qui l’a convaincu ? « la présence de la cathédrale du XVème siècle dans la ville ! Se remémore le directeur du festival – ce photographe de 85 ans, pouvait exposer dans tous les États-Unis et a choisi Visa pour l’Image ». Bluffée, la presse internationale a donc relayé l’information et a fait décoller le rendez-vous qui est désormais reconnu. « Eisenstaedt était le meilleur ambassadeur du festival et le conseillait aux personnes qui lui montraient leur travail » explique Jean-François Leroy. Cela a forgé la renommé de VISA qui a pu accueillir l’exposition des 20 ans des Rolling Stones et entreprendre des projets avec d’autres pays européens par la suite.

Un festival apprécié pour sa proximité et son patrimoine exclusif.

La vision du journalisme

Jean-François Leroy a décidé de créer Visa pour l’Image pour offrir un Visa gratuit pour le monde de la photographie. De plus, il veut montrer aux spectateurs le vrai monde et la « vraie » information. Dans les médias traditionnels, il y a, selon lui, un manque de hiérarchisation des informations et celles qui sont les plus attrayantes pour le public sont souvent les moins importantes. Par exemple l’arrivée du joueur de football Lionel Messi au Paris Saint-Germain a été fortement médiatisé contrairement au rapport catastrophique effectué par le GIEC au même moment. Celui-ci révèle une information capitale car cela concerne l’humanité contrairement au transfert d’un joueur de football.

Le but des expositions est donc d’éveiller la curiosité du spectateur et de montrer la réalité du monde, dans les pays tels que la Birmanie ou le Bangladesh, qui commence à se perdre dans la presse traditionnelle.

L’actualité en toute objectivité

« objectivité voilà le premier mot que nous devrions enlever de notre dictionnaire photographie, nous devrions tendre vers l honnêteté « Ensuite, le photo-journaliste a un devoir d’objectivité qui ne peut pas s’harmoniser avec la neutralité. En effet, il doit toujours prendre parti dans les conflits qu’il couvre.

De plus, selon Jean-François Leroy, un journaliste se doit de tout photographier.

« Le photo-journaliste s’engage donc vis-à-vis d’une cause ».

Des autocensures sont effectuées si il trouve une photo trop choquante ou trop marquante pour les visiteurs ,qui peuvent délaisser les autres, même si ce n’est pas la photographie qui est choquante mais la situation.

L’organisation de Jean-François Leroy

Pour sélectionner la centaine d’exposants projetés au festival, Jean-François Leroy construit tout d’abord son programme autour de l’actualité (Tigrée, Yémen et Bangladesh). Ensuite il reçoit des milliers de propositions du monde entier et attend le mois de janvier pour les traiter. Il sélectionne les photo-journalistes en fonction des sujets abordés et de la qualité du travail. Son associé de longue dates et directrice adjointe du festival prénommé Delphine participe aussi à cette sélection.

Un autre prix, le Visa d’Or, est aussi décerné chaque année et c’est lors du premier vendredi du festival qu’environ huit directeurs internationaux de la photographie se concertent pour élire le lauréat.

Pour la première fois, cette année, le lauréat du Visa d’Or est anonyme pour préserver sa sécurité. Son reportage sur la Birmanie est parvenu à Jean-François Leroy grâce la directrice photo du New York Times. Dans certains cas c’est donc son réseau qui enrichi le nombre de propositions.

« Les expositions sont donc choisies pour leurs thèmes ou par stratégie. »

Par exemple des expositions sur le thème des animaux permettent d’amener un grand public et cela amène de nouvelles personnes à découvrir d’autres thèmes. De plus certaines expositions comme, par exemple, celle sur les mariages en Haïti paraissent d’abord joyeuses et lorsque le visiteur se penche un peu plus, il comprend une information importante comme le décalage entre l’argent investi dans les mariages et la misère des lieux.

D’autres expositions comme la construction du plus grand lavoir au monde amenant à la création d’un vrai tiers-lieu ou la vision de la pandémie de Covid-19 au Bangladesh par des personnes n’ayant pas accès au soin ont été sélectionnées selon les goûts de Jan-François Leroy et l’ont beaucoup touché.

Enfin, il juge certaines expositions nécessaires pour éveiller les consciences, même si il ne partage pas le point de vue des personnes présentes sur ces images comme par exemple les armes aux Etats Unis ou les paiement pour tuer des animaux sauvages en cage.

Pour Jean-François Leroy les expositions sont aussi présentes pour « éveiller les consciences ». Photo MH

Un choix d’exposants finement décidé

Aussi, Jean-François Leroy se réserve toujours le droit de changer d’avis jusqu’au 15 juillet (date de finalisation des programmes) et a le dernier mot sur le choix des exposants.


En conclusion, les photographies exposées par Jean-François Leroy ont toutes leur raison d’être présentes, certaines peuvent être éblouissantes, d’autres bouleversantes et c’est ce qui fait la richesse de Visa Pour l’Image.

« Le festival est une vitrine exceptionnelle pour un photographe  »

Le festival est une vitrine exceptionnelle pour un photographe qui peut être vu par les médias du monde entier. Aussi, dans un souci de régularite et linéarité entre les expositions, les photographies sont au même format ( 50*60cm). Elles sont donc mises en valeur par leur contenu et non par leurs formes.

Actualités

Récemment, le Covid-19 a eu un impact sur le festival. La soirée de projection n’a pas pu être effectuée en 2020 et cette année les difficultés étaient liés aux séjours des photojournalistes venant d’autre pays qui avaient des contraintes sanitaires à respecter.

Le festival comporte aussi une facette économique et ses nombreux sponsors internationaux lui permettent d’avoir un budget de 1 200 000 euros. Cela contribue a payer les photo-journalistes et leurs frais d’hébergement et de bouche, leurs tirages photo, les intervenants, le salaire des employés et la gratuité du festival au public.

Malheureusement tous les partenariats ne sont pas éternels comme celui avec National Geographic qui s’est arrêté lors du rachat par Disney.

Visa et politique

L’arrivée du nouveau maire Louis Aliot n’a rien changé pour le festival de photo-journalisme car Jean-François Leroy a une ligne de conduite selon laquelle ni politique, ni partenaire privé, ni personne ne peuvent l’influencer. De plus, Visa Pour l’Image reste un centre économique bénéfique pour la ville.

L’absence de la ministre de la culture pour visiter les expositions pouvait être souligné mais celle-ci est due à son affaiblissement à cause du Covid-19 et à des raisons politiques.

Jean-François Leroy suivant ses valeurs, s’étant vu proposé des extensions aux Emirats Arabes-Unis mais comme il ne pouvait s’installer qu’à condition de ne pas exposer de photographes israéliens, il a refusé directement car il ne fait pas de concessions. Il s’est aussi toujours opposé à la mise en ligne des soirées de projections. Selon lui, si un individu veut voir Visa Pour l’Image, il doit y aller.

Un festival qui ne fait pas de concession avec la ou les politique(s)

Il ne veut pas non plus créer d’extensions sur son festival ailleurs en France car l’exclusivité du lieu permet aux visiteurs d’être plus attentifs . De plus si une extension était crée ailleurs, elle causerait une baisse de fréquentation.

Engagement personnel

Enfin, Jean-François Leroy est aussi très engagé dans des associations comme dans l’ONG Too Young To Wed fondée par la photographe Stéphanie Sinclair qui se bat depuis 15 ans contre le mariage forcé des fillettes.
Son travail a été exposée trois fois car jugé bouleversant par Jean-François Leroy. Elle montrait, entre autre, des afghanes de 5ans mariés a de vieux hommes. Il l’a aidé a la création de son ONG et c’est une cause qui l’anime vraiment.

Elise Dumas

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